Pourquoi Madacity ?

Donner une mémoire numérique à Madagascar

À Madagascar comme dans beaucoup de pays africains, Facebook est devenu la place publique. On y discute, on partage des photos, on annonce des événements. C’est vivant, immédiat, foisonnant.

Mais sur Facebook, tout disparaît. Les posts s’enfouissent dans le flux. Les souvenirs, les débats, les témoignages qui devraient nourrir la mémoire collective s’effacent en quelques jours.

La question est simple : que restera-t-il demain de tout ce que nous avons écrit, partagé, transmis ?

Facebook, l’instantané qui efface

Facebook est utile. Il permet de toucher vite, de rassembler une communauté, de commenter en direct. Mais c’est une plateforme privée, opaque, dont l’algorithme décide de ce que nous voyons… et de ce que nous oublions.

À Madagascar, beaucoup d’histoires ne sont connues que sur des groupes Facebook, parfois dans des discussions éclatées. On s’y émeut, on s’y révolte, mais une semaine plus tard, il est presque impossible de retrouver un post précis.

La mémoire devient volatile.

L’expérience de Kabyle.com

Bien avant Facebook, Kabyle.com a vu le jour à la fin des années 1990.
C’était l’un des premiers espaces communautaires amazighs en ligne, avec :

  • un chat où les jeunes de la diaspora pouvaient se retrouver,
  • un forum qui rassemblait débats et témoignages,
  • un site média qui a su documenter la mémoire kabyle et donner une voix aux sans-voix.

Cette aventure pionnière a montré qu’on peut bâtir une communauté numérique forte et durable, indépendante des plateformes commerciales.
Aujourd’hui encore, Kabyle.com est une référence citée par chercheurs, journalistes, étudiants.

Ce succès a inspiré Madacity, dont l’histoire est différente mais l’ambition similaire.

Madacity, un nom libéré pour la mémoire

Pendant près de vingt ans, le nom Madacity est resté orphelin.
Il a été utilisé sans vision, réduit à une vitrine de publicités, de petites annonces ou de promotions immobilières par d’autres puis laissé à l’abandon.

Aujourd’hui, nous faisons un choix différent : donner un sens véritable à Madacity.
Le transformer en un bien commun numérique, au service de Madagascar, de sa mémoire et de sa diaspora.
Redonner à ce nom une dignité, une mission : rassembler, transmettre, valoriser.

Madacity, dans le même esprit que Kabyle.com

Avec Madacity, nous voulons reprendre ce flambeau, mais pour Madagascar et sa diaspora.
Comme Kabyle.com en son temps, Madacity se veut :

  • un lieu d’échanges et de mémoire,
  • un espace documentaire et culturel,
  • un point de ralliement numérique qui ne disparaît pas avec les algorithmes.

Kabyle.com est né d’un combat identitaire, dans un contexte de revendication culturelle et politique.
Madacity répond à une autre urgence : celle de préserver et valoriser la mémoire malgache dans un monde numérique dominé par des plateformes étrangères.

Ici, il ne s’agit pas de lutte politique, mais de transmission culturelle, de patrimoine et de service rendu à la société.

Complémentaire à Facebook

Il ne s’agit pas d’opposer Madacity aux réseaux sociaux, mais de leur donner une continuité.

  • Facebook, c’est l’instantané.
  • Madacity, c’est la trace.

Une ressource pour demain

Ce que Kabyle.com a réussi à faire pour la Kabylie, nous voulons le réaliser pour Madagascar :
transformer les échanges dispersés en une mémoire numérique organisée et pérenne.

Parce qu’au fond, les conversations passent… mais la mémoire reste.

Un mot de l’éditeur

Je ne vis pas à Madagascar mais à Lyon. Pourtant, Madagascar fait partie de ma vie : mon épouse en est originaire, mes enfants sont métis, et nos séjours nourrissent ce lien profond.

Je ne parle pas au nom des Malgaches. Mon rôle est différent : offrir un outil numérique indépendant, pour préserver la mémoire et valoriser la culture.

Avec Kabyle.com, j’ai appris combien un site pouvait relier une diaspora à sa terre d’origine.
Avec Madacity, je souhaite rendre le même service à Madagascar : transformer l’instantané en mémoire durable.

Stéphane Arrami, Wanimi Éditions